Édouard Manet : la biographie enrichie

La biographie numérique de Manet enrichie de 140 tableaux

Depuis le 4 décembre 2014 !
Le premier ouvrage de votre bibliothèque numérique « Beaux-Arts »
un ebook enrichi à partir du texte de référence originel de Théodore Duret
pour le prix d’un livre de poche (8,99 €), à vous offrir et à offrir !

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HISTOIRE DE ÉDOUARD MANET ET DE SON ŒUVRE

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Ce livre numérique enrichi est lisible sur toutes les tablettes du marché. Il est disponible sur iBookstore, Fnac, Decitre, Samsung Readers Hub, Orange Read and Go, Kobobooks, etc..au format epub, ainsi que sur Amazon (Kindle Store, au format Amazon mobipocket).
Les ouvrages de VisiMuZ sont toujours certifiés sans DRM (mesures techniques de protection) et sont donc facilement installables sur votre tablette, votre smart-phone, votre PC ou votre Mac.

À propos de la collection VisiLiFe

Cette collection de livres numériques est une première. Pour chaque ouvrage, le texte intégral de l’auteur a été repris en ajoutant au sein du texte la reproduction des œuvres chaque fois que l’auteur les évoque, ainsi que des commentaires. C’est une nouvelle formule qui rend beaucoup plus attrayante et pédagogique la forme de la biographie d’artiste.

Les livres relatifs à l’art se partageaient jusqu’alors entre :
- d’une part les biographies et les études, qui donnent des éléments assez complets relatifs à la vie de l’artiste et/ou à son œuvre, mais dont l’’image est absente ou au mieux réduite à la portion congrue.
- d’autre part les « Beaux-Livres » au prix souvent élevé, à l’iconographie abondante mais au texte souvent quelconque.
Les livres VisiLiFe de VisiMuZ réconcilient les deux mondes. Les auteurs ont été choisis soigneusement. Ils sont les auteurs de référence pour les artistes concernés et ont été les témoins des évènements qu’ils racontent.
Les reproductions de tableaux sont insérées dans le texte à l’endroit où l’auteur les évoque. Il s’agit d’illustrer immédiatement ce qui est décrit par l’auteur, sans avoir besoin de se remémorer les œuvres (au mieux) ou de faire des recherches complexes (au pire) pour comprendre le texte de l’auteur.
L’édition a été enrichie également de commentaires pour des anecdotes supplémentaires, et d’une localisation pour permettre au lecteur d’aller visiter les musées dans lesquels se trouvent ces œuvres.

À la fin du livre toutes les œuvres en plein écran sont consultables sous forme de diaporama.
VisiLiFe permet ainsi aussi à ses lecteurs de se constituer une photothèque des œuvres de l’artiste.
Si des auteurs annexes (peintres, sculpteurs) sont illustrés dans l’ouvrage, leur biographie est consultable (en mode connecté) sur wikipedia par simple tap.

C’est l’occasion de se constituer facilement une bibliothèque à l’iconographie somptueuse.

À propos de VisiMuZ

VisiMuZ Éditions est une jeune maison d’édition exclusivement numérique dédiée au monde de l’Art.
Sa mission est de profiter des atouts du numérique pour rendre les ouvrages d’art, plus agréables à lire, plus ludiques, pour une expérience de lecture plus riche et un plaisir plus grand.

À propos de la biographie de Manet et de son auteur

Son auteur est Théodore Duret (1838-1927), écrivain, journaliste, critique d’art, collectionneur, grand voyageur. Il a été aussi le premier défenseur des Impressionnistes. Il en a écrit l’histoire, ainsi que les biographies de ses amis Courbet, Manet, Whistler, celles de Van Gogh, Lautrec et Renoir. Ses ouvrages font référence et ont été réédités plusieurs fois. Dans un style très moderne, mêlant l’histoire, l’anecdote, et la critique d’art, il nous fait entrer de plain-pied dans la vie et l’œuvre de Manet.

Théodore Duret était issu d’une famille de riches négociants en cognac. Sa rencontre avec l’art a fait partie des hasards de la vie.
En 1862, il n’avait alors que vingt-quatre ans, il rencontre Gustave Courbet, venu peindre à Saintes. C’est le début d’une amitié profonde. Le même hasard va lui faire rencontrer Manet en 1865 dans un restaurant madrilène. Deuxième amitié indéfectible. Elles vont l’amener à fréquenter très régulièrement le café Guerbois entre 1865 et 1870 et lui permettre alors de rencontrer tous les peintres.

Lorsqu’il écrit Les Peintres français en 1867, avec une intuition rare, il n’hésite pas à donner à Courbet et Manet autant de place qu’à Ingres, un texte plus important que celui dévolu à Corot ou Millet, alors que Meissonier, vedette de l’époque, n’a droit qu’à quelques lignes.
En 1871-72, il fait un tour du monde avec Henri Cernuschi et en a rapporté une collection d’estampes japonaises qui va lancer la mode du japonisme dans l’art français. Il publie en 1874 Voyage en Asie : le Japon, la Chine, la Mongolie, Java, Ceylan, l’Inde qui influencera plus tard en 1886 profondément Vincent van Gogh.
Seul contre tout Paris, il a soutenu les premiers essais des impressionnistes et publie dès 1878 la première Histoire des Impressionnistes, constamment rééditée par la suite.

Son activité trépidante ne cessera qu’avec sa mort à 89 ans en 1927.

Table des matières et contenu de l’extrait gratuit (en bleu)

Introduction
L’auteur
L’édition enrichie de VisiMuZ
I. ANNÉES DE JEUNESSE
II. DANS L’ATELIER DE COUTURE
III. LES PREMIÈRES ŒUVRES
IV. LE DÉJEUNER SUR L’HERBE
V. L’OLYMPIA

VI. L’EXPOSITION PARTICULIÈRE DE 1867
VII. DE 1868 À 1871

VIII. LE BON BOCK
IX. LES PORTRAITS
X. LE PLEIN AIR
XI. L’ŒUVRE GRAVÉE
XII. LES DESSINS ET LES PASTELS
XIII. LES DERNIÈRES ANNÉES
XIV. APRÈS LA MORT
XV. EN 1919
QUELQUES TABLEAUX EN COMPLÉMENT
Quelques fleurs et autres natures mortes
Un peu de charme
Portraits mondains ou amicaux

Notes de l’auteur et notes de l’éditeur
Localisation des peintures et pastels cités
Bibliographie
Planches


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Un Vermeer aux enchères !

Sainte Praxède : une histoire rocambolesque. Vermeer ? ou pas ?

François Blondel pour VisiMuZ.

Les grandes œuvres rencontrent toujours des fortes personnalités. Dès que ces tableaux existent depuis un certain temps, ils sont l’objet d’aventures hors du commun. C’est le cas du tableau du jour, qui sera proposé aux enchères le 17 juillet 2014 (Christie’s Londres) avec un nom mythique : Vermeer.
Un Vermeer aux enchères ! La dernière fois c’était en 2004, la fois d’avant en…1921 (La Ruelle, maintenant au Rijksmuseum à Amsterdam).

Le tableau mis en vente ce 17 juillet est une copie d’un tableau de Felice Ficherelli (1603-1660), peintre florentin. Une copie certes mais par Vermeer !

Sainte Praxède - Vermeer Ficherelli_SaintePraxede_Christies

Johannès Vermeer, Sainte Praxède,1655 Felice Ficherelli – Sainte Praxède, ca 1645

Sainte Praxède est une Vierge et martyre romaine. Bien que descendante de l’illustre famille des Cornelii (Scipion l’Africain, Sylla, Cinna), elle ne fut pas épargnée par la vindicte de Marc-Aurèle (121-180) qui envahit sa maison dans laquelle de nombreux païens venaient se faire baptiser. Elle prit alors soin des corps des chrétiens assassinés. Praxède était la fille de Pudens, disciple de saint Paul, et avait pour sœur Pudentiana, qui subit le martyre l’année de ses seize ans. Une basilique Sainte-Praxède existe à Rome depuis le IXe siècle.
Sur le tableau, on voit Sainte Praxède en train de recueillir le sang d’un martyr décapité. Elle presse une éponge au-dessus d’une aiguière. Sa sœur Pudentiana est au second plan, en route pour son supplice.
Mais l’histoire de ce tableau a tout du roman.

1943 – La découverte par Jacob Reder

Il est acheté dans une petite vente aux enchères à New York en 1943 par Jacob Reder, un personnage à la fois truculent et trouble. Reder n’est pas n’importe qui. Avant la seconde guerre mondiale, il est l’un des grands marchands d’art (de tableaux et de diamants) de Bruxelles. En 1939, il prend la sage décision de s’enfuir mais est arrêté début février à Strasbourg. Un juge de Bienne (près de Neuchâtel) demande son extradition. Jacob Reder est accusé (Feuille d’avis de Neuchâtel – 8 et 12 février 1939) d’avoir vendu en 1937, à la ville de Bienne « plus d’une centaine de toiles faisant partie d’une collection de maîtres suisses du 16e au 19e siècle pour la somme globale de 160,000 francs. Or, une expertise a révélé que la valeur totale de ces tableaux ne dépasse pas 30,000 francs. » Mais la France le relâche et il rejoint New York avant le début du conflit.
En 1941, son magasin bruxellois est la proie de l’E.R.R (Einsatzstabes Reichsleiter Rosenberg). Le Dr. Karlheinz Esser, spécialiste du Sonderstab Bildende Kunst à Paris et actif à Bruxelles, rapporte que « furent aussi enlevés à Bruxelles des œuvres et des tableaux insignifiants issus de différentes collections, qui étaient relativement moindres comme la collection, saisie depuis des mois, d’un Juif, le marchand d’art Reder en fuite avant l’entrée allemande » (6/V/1947, IRPA, ORE, dossier ERR).
À New-York, Jacob Reder a repris son commerce de marchand et publie à New York le 24 décembre 1941 « Research on Sir Anthony Van Dyck and Samuel Hofmann, Pupil of Rubens».
En 1969, il prête son tableau de Sainte Praxède pour une exposition sur la peinture florentine au Met. La toile est alors attribuée à Felice Ficherelli. Théodore Rousseau (1912-1973), célèbre conservateur du Met, remarque la signature et la date (1655) mais rien ne se passe. Quelques mois plus tard, Jacob décède et sa veuve Erna vend le tableau à la maison Spencer Samuels, qui va le garder 18 ans et effectuer un certain nombre de recherches.
Tout cela démarrait mal, car la personnalité de Jacob Reder était très controversée, du fait de ses ennuis judiciaires avec la ville de Bienne.

1986 – La validation de l’attibution

On découvrit dans les années 70 une deuxième signature sur le tableau (en bas à droite) qui put être déchiffrée comme « Vermeer d’après Ripposo » Or Ripposo était le surnom de Ficherelli.
Le modèle du tableau fut retrouvé dans une collection privée à Ferrare (Collection Fergnani). Une différence : le crucifix que sainte Praxède tient dans les mains sur la copie. Le crucifix signifie symboliquement le mélange du sang de la Passion avec le sang du martyr, qui correspond à la doctrine de la communion des Saints. On sait qu’en 1655, Vermeer vient de se convertir à la foi catholique et vit dans un milieu très catholique. Il a peut-être reçu commande de religieux gravitant autour du cercle familial. De plus le rôle de consolation tenu par sainte Praxède avait beaucoup de sens dans une ville qui, l’année d’avant, avait été durement touchée par l’explosion de la poudrière (qui fit plusieurs centaines de victimes, dont Carel Fabritius).
Enfin, la technique picturale fut analysée en détail. Le tableau est pour sûr hollandais, du XVIIe siècle, et la touche procède d’une technique analogue à celle d’un autre Vermeer de la même époque (Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, National Gallery of Scotland, Edimbourg)
À ce stade, différents experts le validèrent comme un Vermeer : par exemple H. Kühn, 1972 ou Christopher Wright (avec des doutes), Arthur K. Wheelock Jr., 1986 alors que d’autres rejetaient l’attribution : Albert Blankert, Gregor Weber, Jørgen Wadum, Marten Jan Bok, Ben Broos…

1987-2013 – Barbara Piasecka Jonhson (1937-2013)

Si l’histoire du tableau commence (ou plutôt recommence, nous ne savons rien de ses aventures avant 1943) avec Jacob Reder, elle se poursuit avec un personnage aussi romanesque en la personne de Barbara Piasecka Johnson.
Elle naît fille de paysans à Grodno, une partie de la Pologne maintenant au Belarus et va effectuer des études d’histoires de l’art à Wroclaw, dont elle sort diplômée en 1968. Elle réussit alors à quitter la Pologne (le rideau de fer était très présent à cette époque) et arrive aux États-Unis. Elle trouve un emploi de cuisinière dans la maison du milliardaire John Seward Johnson, fils du fondateur de la société éponyme de pharmacie et produits ménagers. Las, elle ne sait pas cuisiner et change de rôle avec une femme de chambre. En 1971, John Seward Johnson divorce de sa seconde épouse et Barbara, alors âgée de 34 ans, épouse son patron qui a 76 ans. Le couple mène alors grande vie. Ils font construire un manoir néo-classique à Princeton que Barbara nomma « Jasna Polana», (Lumineuse clairière) du nom de la maison de Tolstoï, au sud de Moscou. Comme les marchands d’art le savent, une condition nécessaire pour des belles ventes est que les clients disposent de place sur leurs murs. Avec ce manoir, Barbara peut enfin décorer ses murs en utilisant ses connaissances et le compte de John. Le couple achète des toiles modernes aussi bien qu’anciennes. John Seward meurt d’un cancer à l’âge de 87 ans en 1983. Il lui laisse par testament la modique somme de 402,8 millions de dollars. Elle aura eu plus de chance que Sylvia Wildenstein, décédée 9 ans après son mari sans avoir vu son héritage.

Un procès commence évidemment avec les six enfants Johnson pour abus de faiblesse. Le procès est resté dans les annales judiciaires pour sa dureté implacable. Un accord est trouvé en 1986, lui laissant 85% de la succession, et surtout 18 millions d’actions de la société familiale (qui rappelons-le représente 78 milliards de CA en 2009…). En 2012, le magazine Forbes l’avait classée à la 17e place des fortunes américaines.
Elle achète sainte Praxède, qui en 1987 est nouvellement référencé comme un Vermeer.

Barbara reste un moment aux États-Unis puis décide de revenir en Europe. Le manoir sera transformé en un club de golf prestigieux en 1996. En Europe, elle commence par habiter à Monaco, et donne à voir au grand public sa prestigieuse collection d’art religieux à la chapelle de la Visitation (à quelques centaines de mètres du palais princier). Elle cède l’essentiel de sa collection en 2004 au magnat de Las Vegas Steve Wynn. Steve Wynn, propriétaire de casinos à Las Vegas (casino Wynn Las Vegas, après le Mirage ou le Bellagio) et Macao, est aussi probablement l‘homme qui a acheté en 2004 la Dame assise au virginal, l’autre Vermeer présent sur le marché.

Mrs. Piasecka Johnson possédait également une Fuite en Égypte qu’on a longtemps dit comme étant de Poussin, thèse qui était soutenue par les plus grands experts de la National Gallery, dont Anthony Blunt (1907-1983) et sir Denis Mahon (1910-2011) mais l’original (thèse soutenue par Pierre Rosenberg, du Louvre) a pu être identifié formellement en mai 2008 et est maintenant au musée de Lyon. Merci à Sylvie Ramond, directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon, pour ses commentaires éclairés il y a deux ans. À cette occasion, madame Ramond avait souligné l’honnêteté intellectuelle et la classe de Mrs. Barbara Piasecka Johnson (sans vouloir à l’époque dévoiler son nom, qui n’était au demeurant pas très difficile à trouver).

Barbara Piasecka Johnson à la fin de sa vie était retournée vivre à Wroclaw. Catholique pratiquante, attachée à la Pologne, elle s’était engagée en finançant en 1989-91 le syndicat Solidarité et était aussi apparue en couverture du New York Times au côté de Lech Walesa.
Le produit de la vente de sa collection le 17 juillet 2014 est destiné aux œuvres caritatives de sa fondation.

2013-2014. Les derniers développements

Après la mort de sa propriétaire, la toile a été soumise début 2014 aux analyses des spécialistes du Rijksmuseum. La peinture blanche (au plomb) est la même que celle utilisée dans une autre toile de jeunesse du maître (Diane et ses compagnes au Mauristhuis à La Haye). Christie’s indique pour le blanc que “The match is so identical as to suggest that the same batch of pigment could have been used for both paintings.”. De même le pigment outremer (un pigment très cher utilisé par Vermeer) du ciel serait le même que dans d’autres tableaux de l’artiste.

Quelques arguments des experts

1) Le visage de sainte Praxède et le visage de la Jeune fille assoupie (Metropolitan) sont très ressemblants. Le second pourrait avoir été réalisé à partir du premier et d’un miroir.

2) La matière picturale est celle qu’utilisaient les néerlandais de cette époque. La signature a été apposée lors de la réalisation du tableau et pas après.

3) Même si Vermeer ne s’est jamais rendu en Italie, il connaissait bien l’art de l’Italie, peut-être par ses visites à Utrecht ou Amsterdam. Il a en effet été convoqué à la Haye en 1672, pour y évaluer une série de peintures italiennes.

4) l’analyse chimique des pigments correspond précisément à celle qu’on trouve sur d’autres tableaux de Vermeer.

En conclusion :
Si vous voulez accrochez un Vermeer chez vous, c’est comme pour une éclipse, il risque de ne pas y avoir d’autre occasion avant très longtemps.
Il va falloir briser votre tirelire, l’estimation se situe entre 11 et 13 millions de dollars….

Quelques sources

Feuille d’avis de Neuchâtel – 8 et 12 février 1939 http://doc.rero.ch/record/55233/files/1939-02-08.pdf

Commission de Dédommagement des membres de la communauté Juive :
http://www.combuysse.fgov.be/pdf/FR/partie2.pdf

Sur la vie de Barbara Piasecka Johnson http://www.nytimes.com/2013/04/04/nyregion/barbara-piasecka-johnson-maid-who-married-multimillionaire-dies-at-76.html?pagewanted=all&_r=0

Bataille autour d’un Poussin : http://www.liberation.fr/culture/1996/09/20/bataille-decisive-autour-d-un-poussin-peut-on-revenir-sur-une-vente-aux-encheres-un-proces-oppose-l-_181807

Johannès Vermeer. Catalogue de l’exposition de 1995-1996, National Gallery of Art, Washington et Mauristhuis, La Haye, Ben Broos, Arthur K. Wheelock Jr.

Vermeer, le peintre et son milieu, John Michael Montias, 1989
Vermeer, mystère du quotidien, Rémy Knafou, Herscher, 1994
Vermeer, ou les sentiments dissimulés, Norbert Schneider Taschen 2005
Catalogue christie’s vente du 17 juillet 2014 http://www.christies.com/eCatalogues/Index.aspx?id=4D4E7DFC899E4363BC5F23D862E602C8

Crédits photographiques
1. Wikimedia Commons User : JohnWBarber, licence CC-PD-Mark
2. Christie’s

Edgar Degas et les 40 ? petites danseuses de quatorze ans

Edgar Degas : Combien de petites danseuses de quatorze ans ?

François Blondel pour VisiMuZ.

Cet article est la suite d’un article publié sur le blog le 4 octobre 2013 sous le titre « Multiples ou uniques ? Les répliques des grands artistes ». À la fin de ce premier article, nous attirions l’attention sur la différence entre répliques et copies en indiquant que : « Parfois le marché se mêle aussi du processus. Il ne s’agit plus du tout de répliques mais de copies. On peut ainsi sourire de la multiplicité des Petite danseuse de quatorze ans d’Edgar Degas. Seule l’une d’elles est originale. Elle est en cire et à la National Gallery de Washington. Les vingt-neuf autres ne sont que des copies, fondues en 1922 après la mort de l’artiste. Aussi il n’est pas rare de retrouver la Petite Danseuse d’un musée à l’autre (Metropolitan, Orsay, Tate Britain, Philadelphie, Ny Carlsberg Copenhague, etc.) ce qui a grandement contribué à sa célébrité, mais aucune de celles que nous avons pu voir dans les différents musées n’est signalée comme copie.

Nous faisions une erreur, en tout cas sur la forme, la législation actuelle autorise à parler d’originaux comme nous le verrons ci-après ! Sur le fond, l’enquête a été passionnante et nous révèle non seulement des faits mais tout un état d’esprit.

Nous ne parlerons pas aujourd’hui de la beauté de l’œuvre ou de sa laideur selon les commentateurs, de son originalité exceptionnelle, de ses vêtements, des sous-entendus philosophiques (Pygmalion et Galatée) qui entourent sa création et sont certainement importants dans la fascination qu’elle exerce. Nous ne détaillerons pas plus le scandale qui a suivi la présentation de l’original en cire, présenté sous verre à la 6e exposition impressionniste de 1881. En sus de la notice wikipedia, un descriptif assez complet a été réalisé par Sabine Méry en 2011, alors élève de 1ère L du lycée Condorcet de Lens. Téléchargement du pdf ici

Pour la suite de l’histoire, nous avons cherché à en savoir plus et tenté de recenser les Petite danseuse de quatorze ans dans le monde.

A) Les Sculptures de Degas

Revenons au préalable sur la genèse de leur création.

Septembre 1917. Edgar Degas meurt. Son exécuteur testamentaire Paul Durand-Ruel, accompagné par un autre marchand, Ambroise Vollard, trouve dans son atelier La Petite danseuse de quatorze ans en cire, qui avait été exposée en 1881, mais aussi environ 150 sculptures d’études de danseuses, de chevaux, voire de baigneuses, en cire (et une en plâtre, le Torso). Certaines sont très abimées, d’autres en état de moyen à très bon. 73 statuettes sont ainsi préservées plus la Petite danseuse de quatorze ans. On sait aussi que plusieurs personnes vont intervenir sur ces statuettes pour les remettre en état avant leur moulage tel que le sculpteur Paul-Albert Bartholomé ou Albino Palazzolo, un fondeur d’Hébrard, dont nous reparlerons plus loin.

1918. Les héritiers de Degas décident de faire réaliser par la fonderie A. A. Hébrard à Paris, une édition de 22 exemplaires en bronze de chacune des sculptures en cire. 20 exemplaires seront proposés à la vente (marqués A à T), 1 exemplaire restera dans la famille de l’artiste, 1 exemplaire ira au fondeur (marqués HER). Un contrat est signé le 13 mai 1918 qui, entre-autres choses, valide ce nombre d’exemplaires.

1922.Les 74 moules sont prêts et la réalisation des bronzes commence. Pour la Petite Danseuse, qui est de taille plus importante, seuls dix exemplaires sont réalisés en 1922 (numérotés de A à J) et six en 1923 (K à P).

1922-31. L’exemplaire A est tout de suite vendu à madame Louisine Havemeyer (il fera l’objet d’un don au Metropolitan Museum of Art à sa mort en 1929) sur les conseils de Mary Cassatt. L’exemplaire B sert de modèle d’exposition et reste à la fonderie, les autres exemplaires sont vendus peu à peu à des particuliers ou des institutions . En 1931, Le Louvre acquiert la dernière pièce fondue en 1923, elle porte la lettre P (aujourd’hui à Orsay). Le Louvre acquiert en 1931 la suite complète des soixante-treize sculptures moulées à partir des originaux en cire. Les exemplaires Q à T, évoqués plus loin, ont été réalisés entre 1924 et 1931. Ces 22 exemplaires (ou 23 ??) seront plus loin la série I.
Une question annexe me taraude parfois : si les bronzes sont une œuvre originale, qu’en est-il des vêtements (la jupe ou le tutu, le ruban dans les cheveux) sur lesquels Degas n’a jamais posé la main ? Mais passons sur ce détail.

1932-1937. En dépit de la dépression économique, d’autres amateurs se font connaître auprès de la fonderie Hébrard (reprise alors par la fille d’Adrien, Nelly Hébrard) et la famille Degas. Ensemble, ils décident alors de continuer à exploiter le filon en réalisant d’autres moulages de la Petite danseuse de quatorze ans. Contrairement à la série précédente, ceux-ci ne sont pas identifiés par des lettres (qui correspondraient à une numérotation). Certains exemplaires ont été vendus par la « Société des fontes à cires perdues A. A. Hébrard », d’autres directement par madame Jeanne Fèvre, la nièce de Degas. On sait simplement que le nombre d’exemplaires qui ont été coulées dépasse le nombre fixé par le contrat de 1918. En effet, entre 1938 et 1943, huit nouveaux exemplaires de la « Petite danseuse de quatorze ans » apparaissent sur le marché et viennent enrichir des musées et des collections privées (source site fondation Bürhle à Zürich + catalogue Pingeot – voir annexe) . Plus loin nous parlerons de la série II. Entre 1945 et 1955, cinq d’entre elles vont ensuite changer de main. En 1937, la fonderie Hébrard a fait faillite. Les archives de la Fonderie Hébrard, indiquent 567 bronzes de Degas mais Anne Pingeot, dans le catalogue raisonné paru en 2003, dénombre pour les 74 sculptures 1380 bronzes au total.

1937. Après la faillite de la société Hébrard, Albino Palazzolo travaille à la fonderie Valsuani (ce qu’on apprendra beaucoup plus tard).

1949. Nelly Hébrard a racheté aux héritiers Degas les parts qui lui manquaient dans l’héritage Degas . Elle révèle au monde médusé que 69 des 73 cires originales ont survécu, de même que celle de la « Petite danseuse de quatorze ans ». Elle indique aussi que deux plâtres ont été réalisés de la « Petite danseuse de quatorze ans ». Madame Hébrard vend alors (et gagne 400 000 dollars de l’époque) les cires et le Torso de plâtre à M. Paul Mellon, via la galerie new-yorkaise, Knoedler & Company, Inc. Les plâtres vont à la National Gallery de Washington et au Joslyn Art Museum, Omaha (NE)

1955 Albino Palazzolo et Nelly Hébrard vont continuer à réaliser des bronzes à la fonderie Valsuani entre 1955 et 1964, tout en gardant le cachet Hébrard, et sans numérotation aucune (selon les archives Valsuani, cité par Walter F. Maibaum). Plus loin nous parlerons de la série III.

1976 La galerie Lefevre à Londres expose une série inconnue de 73 bronzes de Degas marqués « modèle ». On apprend alors que les moulages originels n’ont pas été réalisés comme le veut la tradition à partir d’un plâtre mais à partir de ces bronzes d’un tout premier tirage, sur une initiative du fondeur Albino Palazzolo (source Arthur Beale) . Ces bronzes sont vendus en 1977 au Norton Simon Museum à Pasadena (Californie). Au sens de la loi depuis 1967, tous les tirages, en dehors de la série modèle deviendraient alors des surmoulages, donc des reproductions.

2001 Walter F. Maibaum fait une découverte à la fonderie Valsuani. Un troisième plâtre de la Petite danseuse de quatorze ans s’y trouve stocké, ainsi que ceux des 73 autres statuettes. Les plâtres auraient été livrés à la Fonderie Valsuani par Albino Palazzolo en 1955, mais il ne pouvait pas les utiliser pour de nouveaux exemplaires à vendre, afin que les exemplaires n’apparaissent pas comme différents de ceux fondus auparavant.

2004. Le Dr. Gregory Hedberg, Directeur de l’Art Européen pour Hirschl &Adler Galleries à New York, publie ses recherches sur le troisième plâtre. Celui-ci aurait été réalisé par Degas lui-même entre 1887 et 1903. Après ce moulage, Degas a retravaillé comme à son habitude sur la statue de cire. Les deux plâtres posthumes de 1921 présentent donc des détails différents de ce troisième plâtre.
La série dite du troisième plâtre est alors, selon Maibaum et Hedberg, issue d’un ensemble réalisé par Paul-Albert Bartholomé. Les différents plâtres ont été créés sur une période de plusieurs années, de 1887 à 1912. Anne Pingeot, conservateur au musée d’Orsay, auteur du catalogue raisonné des sculptures de Degas, conteste la théorie du troisième plâtre.
Citons maintenant Walter F. Maibaum : « Ces bronzes moulés à partir d’autres bronzes sont désignés comme “surmoulages” (moulages réalisés à partir d’anciens moulages). Dans sa description, Arthur Beale note: “Il s’agissait, semble-t-il, de ce qu’on appelle un surmoulage, un bronze de la deuxième génération, non seulement plus petit, mais présentant une diminution des détails sur la surface, à la suite du processus de moulage”. Les surmoulages ne sont pas généralement considérés comme des “bronzes originaux” et, en fait, ils ne sont pas acceptés normalement par le monde de l’art. Les bronzes de Degas moulés par Hébrard figurent parmi les rares exceptions».

2004-2010 “The Sculpture Degas Project Ltd” (créée par Maibaum, avec Benatov , le patron de Valsuani) a passé un accord avec les héritiers Degas afin de permettre la réalisation de nouveaux bronzes à partir de ces plâtres qui n’avaient pas servi. Cette fois, c’est bien le cachet de la fonderie Valsuani qu a été appliqué et “The Sculpture Degas Project Ltd” gère la vente des bronzes (dans le respect de la loi française indiquent-ils). Ces bronzes, sur plâtre et selon la technique de la cire perdue sont donc 2% plus grands que les bronzes réalisés à partir de la série « modèle » et seraient plus fidèles dans les détails que ceux d’Hébrard. Il a été vendu huit exemplaires de l’exemplaire Valsuani pour 7M$ l’unité en moyenne (source Artnews). Nous parlerons de la série IV.

2013 Patricia Failing, professeur d’histoire de l’art à l’université de Washington, conteste dans Artnews la théorie du troisième plâtre avec quelques arguments intéressants ici. Sommes-nous en présence de faux ? Est-ce une nouvelle affaire Van Meegeren ? ou pas ?

Conclusion VisiMuZ de la première partie :

Nous ne sommes pas conservateurs de musée, n’avons pas mesuré nous-mêmes les différents exemplaires, et n’avons pas d’avis a priori sur ces controverses. Nous sommes éditeurs de guides de visites des musées, désireux de faire partager à nos lecteurs notre passion pour l’art, de leur montrer les œuvres les plus importantes et les autres. À ce stade nous constatons qu’à tout le moins la situation n’est pas claire.

Partons des faits :
a) Degas ne souhaitait pas qu’on réalise des moulages à partir de ses sculptures de cire. Mary Cassatt a fortement influencé pour que les moulages soient réalisés. Le musée d’Orsay indique dans sa notice du « Tub » : « Cet artiste « distant » qui ne sculpte que pour lui, dit à Thiebault-Sisson en 1897 : « on ne verra jamais ces essais, nul ne s’avisera d’en parler […] D’ici ma mort tout cela se sera détruit de soi-même et cela vaudra mieux pour ma réputation »…/.. Son chef fondeur, Albino Palazzolo aura le talent de sauvegarder les cires originales en faisant l’édition à partir de copies en cires réalisées d’après des modèles en bronze ».

b) Il existe bien plus de bronzes de la Petite danseuse de quatorze ans que le nombre légal autorisé depuis 1967 (8 exemplaires) ou 1981 (12 exemplaires). Certains de ces exemplaires sont identifiés, d’autres pas. Selon la directive n°94/5/CE du 14 février 1994, à titre exceptionnel (c’est nous qui soulignons), pour les fontes de sculptures antérieures au 1er janvier 1989, la limite de huit exemplaires peut être dépassée.

c) Le texte de 1967 pour reconnaître un moulage comme œuvre originale était le suivant : « les fontes de sculpture à tirage limité à huit exemplaires et contrôlé par l’artiste ou ses ayants droits ». Il est clair que l’artiste Degas n’a rien contrôlé du tout et au niveau des ayant-droits il n’est pas certain que la probité ait toujours été de mise (voir les fontes Valsuani avec le cachet Hébrard par exemple).
La loi du 20 mai 1920 qui a institué le droit de suite précisait qu’il s’appliquait sur les ventes publiques d’œuvres d’art « à condition que lesdites œuvres telles que peintures, sculptures, dessins, soient originales et représentent une création personnelle de l’auteur… ». La loi de 1967 a ajouté la notion de contrôle par les ayant-droits. De manière générale, les professionnels de l’art, institutions comme acteur du marché considèrent-ils comme des bronzes originaux ceux qui ont été tirés en nombre limité — ce nombre devant être « conforme aux usages » – lorsque les exemplaires ont été réalisés avant juin 1967 (citation de François Duret-Robert sur le site de l’association Camille Claudel ). En définissant de manière floue, on ouvre la porte à certaines dérives !

d) le nombre d’exemplaires de la Petite danseuse de quatorze ans n’est pas connu avec précision. De plus, six des 20 exemplaires de la série I ne sont pas localisés . Qui les possède ? Les fontes Valsiani marquées Hébrard et non identifiées (série III) sont-elles distinguables de celles de la série II.

e) en sus : pour tous les bronzes qui ont été réalisés à partir de la série « Modèle » suite à l’initiative d’Albino Palazzolo, il s’agit de surmoulages et le décret du 3 mars 1981 précise : « Tout surmoulage (…) doit porter de manière visible et indélébile la mention Reproduction ». Au demeurant ceci ne concerne pas directement la Petite danseuse de quatorze ans qui a été réalisée à partir d’un plâtre. Mais quel est l’exemplaire de la Petit danseuse de quatorze ans du Norton Simon Museum ? (voir plus loin l’annexe)

Peut-on parler d’œuvres originales quand personne ne sait combien d’œuvres ont été créées ? Peut-on parler de « tirage limité » puisque le tirage était dépendant de la demande et de la somme payée ?
Et si on étend ce concept à la photographie, l’impression à partir d’un ordinateur, etc. tous les musées du monde pourront avoir un « original » de Gerhard Richter, de Marcel Duchamp, etc.

B) Les Bronzes de la Petite danseuse de quatorze ans dans les musées

On a bien compris que la notion d’original dans ce cas était devenu un concept à géométrie variable. Mais cette icône du XIXe siècle draine des foules de spectateurs. Si l’on regarde de près le système mis en place on se doit de distinguer 4 séries (évoquée plus haut et numérotés par nous de I à IV)
- I – Les exemplaires marqués de A à T, fondus chez Hébrard, et respectant le contrat de départ, qui pourraient correspondre à la notion d’œuvre originale même si la notion de rareté devient toute relative. Ils sont au nombre de 22 au moins. Existe-t-il un exemplaire « modèle » comme pour les autres ?
- II – Les exemplaires non marqués réalisés entre 1932 et 1937 chez Hébrard. On en connaît au moins 8 (voir détail en annexe)
- III – Les exemplaires sauvages réalisés avec le cachet Hébrard à la fonderie Valsuani entre 1955 et 1964 et non identifiés . Nous n’avons pas trouvé d’information fiable à ce sujet.
- IV – Les exemplaires dits du troisième plâtre, réalisés chez Valsuani depuis 2008. Dans ce dernier cas, la législation a été respectée (8 + 4 épreuves d’artiste). Si ce troisième plâtre est un original de Degas, ce qui reste à démontrer plus fermement, on serait en présence de bronzes originaux (même plus de 120 ans après). Un exemplaire de la série IV est en photo ci-après. Original ? ou copie d’après Degas ?

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Original en cire de Washington ( à gauche) et exemplaire de la série IV (plâtre 3, Valsuani) en exposition à Sofia. Notez les différences sur les jambes par exemple.

Degas_petite_danseuse_deux
Exemplaires A (Metropolitan museum, New York) et R (Ny Carslberg Glyptothek, Copenhague) de la série I

Sans rentrer dans les querelles d’experts et simplement pour savoir devant cette œuvre de quelle série elle provient, on pourrait demander aux institutions, maisons de vente, fondations, etc. que l’information soit transparente afin que le visiteur sache ce qu’il a devant lui. Mais est-ce le cas ?
Pour chacun des musées en annexe ci-dessous, nous avons répertorié les notices des sites Internet et le lien emmène sur la fiche du musée relative à la « Petite danseuse de quatorze ans ». L’étude n’est pas complète, certains exemplaires sont non localisés, mais elle permet déjà de se faire une idée assez claire des choix des institutions . Nous avons indiqué certains prix de vente quand nous les connaissions, ce qui permet de donner une idée des enjeux autour des identifications.

Conclusions

1) Même si des recouvrements peuvent exister entre les collections privées de la série 1 et celles de la série 2, et en supposant que les non-classés ne sont pas dans la série 3, on trouve a minima 30 bronzes différents (hypothèse basse, retenue par Orsay) et la réalité est certainement plus près ou au-delà de 40. En indiquer moins est peut-être simplement une erreur de relecture, ou une envie de valoriser l’exemplaire acquis. Le musée Bojmans de Rotterdam indique 25, la Tate Gallery 23 ! Les rédacteurs des notices savent-ils additionner ?

2) Les musées sont pour la plupart très flous dans leurs descriptions. Il paraîtrait logique que les musées de la série II indiquent a minima dans leurs descriptions que ces fontes sont postérieures à 1931. Seule la fondation Bührle le fait. Les dates annoncées pour la fonte sont enjolivées artificiellement. Boston indique après 1921, Sainsbury circa 1922, Baltimore 1919-21, Bojmans 1922, la Tate Modern 1922. Dans ce cas, il est beaucoup plus difficile de croire à une simple erreur mais plutôt à l’envie de faire penser au visiteur qu’il est en train de regarder un exemplaire de la série I.
Le même processus de vieillissement artificiel existe pour la série I. Certains musées indiquent une date de 1880-81, en semblant oublier que la fonte a été réalisée plus de 40 ans après (Norton Simon, Fogg Art, Neue Meister Dresde, Ny Carlsberg, São Paulo…). Dans la série I, seuls le Met, Orsay, et le Fogg Art Museum présentent des notices complètes pour les bronzes, ainsi que la National Gallery of Art et le Joslyn Museum du Nebraska..
À la Tate Modern, à Baltimore, à Rotterdam, ou encore à Boston et quelle que soit leur qualité technique, on est en présence de moulages non autorisés, non identifiés, non répertoriés. Cette omission dans la communication est-elle une erreur ou intentionnelle ?

Si la Petite danseuse de quatorze ans reste une icône du monde de l’art, certains des exemplaires perdent un peu de leur aura quand on connaît mieux les histoires qui ont entouré leur genèse et sont pour certaines assez sordides. Mais Mme Hébrard, les héritiers Degas, certains courtiers ou institutions ont eu à un instant donné des intérêts très communs. Ce qu’on appelle un win-win en jargon moderne.

Seul le visiteur peut dans certains des musées se sentir un peu floué. Il n’en reste pas moins que le magnétisme exercé par la Petite danseuse de quatorze ans est tel que même les bronzes de la série IV (dont aucun n’est à ce jour et à notre connaissance encore dans un musée) se vendent en moyenne 7 millions de dollars en moyenne et qu’ils sont déjà présentés comme des originaux dans les expositions (voir ci-dessous la fondation M.T. Abraham et les expos de Tel-Aviv et Sofia). Monsieur Degas et sa créature fascinent toujours. Galatée n’est plus en ivoire, elle est en bronze, mais son commerce est d’or.

ANNEXE 1 – Série I : Original en cire, moulage en plâtre et 20 numéros A à T

Pour chaque musée, on indique ce qui est connu des spécialistes (identification d’exemplaire, date de fonte), et ce qui est indiqué sur les notices d’œuvres par le musée.

00 – Original cire- National Gallery of Art, Washinton original en cire, date indiquée 1878-1881 acquisition collection Paul Mellon 1999.
Lien : Fiche détaillée NGA

0 – Plâtre 1 – Joslyn Art Museum, Omaha (NE) – États-Unis, date indiquée : 1881, cast ca. 1920–21 , « Joslyn’s plaster is the model from which the bronzes were cast”
Lien : Fiche détaillée Joslyn

0b – Plâtre 2 – National Gallery of Art Washington Selon la notice d’Orsay : ce moulage plâtre aurait été fait par Hébrard vers 1900

Modèle – Norton Simon museum, Pasadena (CA, USA) exemplaire et ensemble “modèle”, date indiquée : 1878-81, indication de l’exemplaire : non (alors que cette indication « modèle » est précisée pour les autres sculptures de Degas !!), indication de provenance : achat à Alex Reid & Lefevre, London, 17 January 1977
Lien : Fiche détaillée Norton Simon puis recherche « degas »

A – Metropolitan Museum of art (NY, USA), exemplaire et ensemble A acquis en 1929, date indiquée : model executed ca. 1880, cast 1922 , acquisition Bequest of Mrs. H. O. Havemeyer, 1929, exemplaire mentionné : A
Lien : Fiche détaillée Met, New York.

B – Collection privée, exemplaire B, New York, Sotheby’s, 11 nov.1999 : lot 110, vendu 11.25 Millions de dollars soit 10.9 M€, revendu à New York chez Christie’s le 7 mai 2003 pour 10.3 M$ soit 9 M€ et une perte de 1.9 million d’euros en 3 ans. L’exemplaire B est resté en exposition pendant plusieurs années à la fonderie Hébrard, pour la vente des autres exemplaires.

C- Fogg art Museum, Cambridge(MA), États-Unis, exemplaire C, date indiquée : 19th century, exemplaire C mentionné., acquisition Scott & Fowles, New York, NY, Sold to Winthrop, 1924,
Lien : Fiche détaillée Fogg Art Museum.

D – Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Mass. date indiquée : Modeled 1880-1; cast 1919-21, exemplaire non précisé. Note : La notice du musée d’Orsay indique pour cet exemplaire (Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington), sans doute à cause d’un copié-collé malencontreux à partir d’une autre œuvre, car rien n’apparaît sur leur site Internet (http://www.hirshhorn.si.edu)
Lien : Fiche détaillée Clark Institute.

E- Nathan and Marion Smooke; New York, Phillips, 5 nov. 2001 – présenté à la vente avec une estimation de 8 à 12 millions de dollars. Invendu, ravalé à 6 millions, annoncé chez Sotheby’s en 2009 comme Private Collection, France. La vente a dû se faire de gré à gré dans la plus grande discrétion.

F – Neue Meister Galerie, Dresde, Allemagne, Acquisition : acheté à la galerie Alfred Flechtheim, oct 1926 Date indiquée: ca 1880, pas d’autre indication, acquisition non indiquée, exemplaire non identifié.
Lien : Fiche détaillée Neue Meister Dresden.

G – Philadelphia Museum of Art , Philadelphie , Donné par The Henry P. McIlhenny Collection in memory of Frances P. McIlhenney, 1986, date indiquée : Executed in wax 1878-81; cast in bronze after 1922, several years after Degas’s death, exemplaire non identifié sur le site
Lien : Fiche détaillée Philadelphia Museum of Art.

H – Private collection New York, vendu par Wildenstein & Co. 1985

I – Private collection, Francis P. , Paris, 1965

J – Private collection, Sotheby’s , 12 nov 1996

K, L – localisation inconnue

M – Saint Louis Art Museum (SLAM), Saint Louis (MI) , date indiquée : c.1880, cast c.1920 A.A.Hébrard France, exemplaire indiqué de manière peu claire, Acquisition 1957 M. Knoedler & Co., New York, NY, USA
Lien : Fiche détaillée Saint-Louis Art Museum. puis recherche avancée artist contains degas

N, O – localisation inconnue

P – Musée d’Orsay, Parisdate indiquée : entre 1921 et 1931, indication exemplaire : gravé à côté, P
Lien : Fiche détaillée musée d’Orsay

Q – localisation inconnue

R – Ny Carlberg Glyptothek, Copenhague (Danemark), exemplaire et ensemble R, La Petite danseuse est indiquée comme étant de 1880-81, sans mention de fonte, ni d’année d’acquisition, “As one of only four museums in the world, the Glyptotek has the complete collection of Degas’ studies of horses, bathing women and ballet dancers, executed in bronze”.
Lien : Fiche détaillée Ny Carlsberg Glyptothek

S – Museu de Arte de São Paulo, São Paulo, Brésil exemplaire et ensemble S, Date indiquée 1880 pas d’autre indication. Note : S est en localisation inconnue selon A .Pingeot qui met l’exemplaire de São Paulo en série 2. Le reste des statues de São Paulo a bien le marquage S selon toutes les sources, mais quid de la Petite danseuse
Lien : Fiche détaillée São Paulo

T – Cairo Gazirah Museum, Le Caire ?

HER. Private Collection London, Sotheby’s 27 juin 2000:3 vendu 10 963 400 EUR, présentée à la vente le 1 nov 2011 :18 (Christie’s) avec une estimation de 25 à 35 millions de dollars. Invendue.

HER. Private Collection Sotheby’s 10 mai 1988 :14

HER.D source Pingeot – Collection Mellon – Virginia Museum of Fine Arts, Richmond ? Que signifie cet exemplaire ?

ANNEXE 2 – SERIE II : Bronzes de 1932 à 1937

1 – 1930 Private collection 2000

2 – be 1930-37 Private collection, Japan

3 – 1938- Museum of Fine Arts, Boston (MA) – États-Unis non identifié, Acquisition Possibly Jeanne Fèvre (nièce de Degas) Nice,1938, Marie Harriman Gallery, New York; 1938, sold by Harriman Gallery to the MFA for $3400. (Accession Date: December 8, 1938) Date indiquée : original model 1878–81, cast after 1921
Lien : Fiche détaillée MGA Boston

4 – 1938 Sainsbury center for visual arts University of East Anglia, Norwich (180 km au NE de Londres) (UK), date indiquée : cast c. 1922 Bronze, edition unknown
Lien : Fiche détaillée Sainsbury puis recherche Degas

5 – Baltimore,fonte 1939, achat 1943, Paris, Mlle Jeanne Fèvre; Paris, André Weil; date indiquée original model 1881; this cast 1919-1921,
Lien : Fiche détaillée Baltimore (MD) puis recherche Degas

6- 1939 – Bojmans van Beuningen Museum, Rotterdam, Pays-Bas non identifié, date indiquée : 1880-1881 (1922) Acquisition : Bruikleen / Loan: Stichting Museum Boijmans Van Beuningen 1939- After his death twenty five bronze casts were made of this sculpture.
Lien : Fiche détaillée Bojmans van Beuningen

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Musée Bojmans van Beuningen – Rotterdam – série II – achat 1939

7- 1951 – M.A.São Paulo selon Anne Pingeot que nous avons mis plus haut en lettre S selon d’autres sources. Mais il semble que si le reste de l’ensemble porte la lettre S, la Petite danseuse serait non marquée et devrait se situer ici.

8 – Tate Modern Gallery, Londres, date indiquée : Cast ca 1922 , Purchased with assistance from the Art Fund 1952, Puvis de Chavannes, gendre de Nelly Hébrard , puis dans la fiche détaillée, « Indications : Apart from the colouring, which has faded, the present day appearance of the original wax (in the collection of Mr Paul Mellon) is superficially very close to the bronze casts, of which twenty-three are thought to have been made. »
Lien : Fiche détaillée Tate Modern Gallery

9 – 1954 – Fondation Bührle Zürich date indiquée Original 1880-81, fonte ca 1932-36 + référence au catalogue Pingeot p.267
Lien : Fiche détaillée fondation Bührle + notice texte ici

ANNEXE 3 – Exemplaires non classés

1) Achat de SIR JOHN MADEJSKI, OBE, DL indiqué comme « fonte 1922 », donc serait peut-être l’un des exemplaires de la série I. Lequel ?
acheté le 3 février 2004, £ 5 045 600 avec les frais soit 7 450 837 EUR
revendu le 3 février 2009 à un collectionneur asiatique £ 13.3 millions soit 14 727 479 EUR

Blog4_Sothebys_DegasEx-propriété de Sir John MADEJSKI – série I ?

Le catalogue de la vente reprend pour l’essentiel la nomenclature Czestochowski/Pingeot sans toutefois indiquer le pedigree de l’exemplaire en vente. Téléchargement ici.

2) MT Abraham Foundation : stock à Genève, prêt pour des expositions (Athènes, Sofia, Tel-Aviv). Le site Internet ne donne pas d’information.
Cette collection vient de la série IV, ainsi qu’il était expliqué lors de l’exposition à Tel-Aviv : The Tel-Aviv Museum of Art, Tel-Aviv, Israel, sur une page du site qui n’existe plus « The exhibition presents, for the first time in Israel, Edgar Degas’ 74 sculptures in bronze. The bronzes were cast from previously unknown lifetime plasters made directly from Degas’ original waxes, with the artist’s knowledge and consent. The plaster of Degas’ most important sculpture, « The Little Dancer, Aged Fourteen », was discovered in 2001, leading to the 2004 discovery of the other 73 plasters”.

3) Wikipedia parle d’un exemplaire à la Hay Hill Gallery in London dont nous n’avons pas trouvé trace.

4) Une série de 100 exemplaires, cette fois identifiée comme d’après Degas, a été, dit-on, créée en 1997 par Waldemar Schroder fonderie Strassacker. M Schroder est-il sculpteur ou est-ce un surmoulage d’un exemplaire existant ? et auquel cas sur lequel ? Les différents exemplaires de cette copie tournent dans les maisons de vente de province depuis plusieurs années (Brides-les-Bains, Agen, Flize, Lyon, Guingamp, Mulhouse…), sont en vente sur ArtPrice, et… çà marche !

Bibliographie très partielle

William D. Cohan, A Controversy over Degas, 01 avril 2010 : http://www.artnews.com/2010/04/01/a-controversy-over-degas/

Patricia Failing : The Degas Debate: Analyzing the Controversial Plasters, 6 mai 2013 : http://www.artnews.com/2013/06/05/the-degas-debate/

Xavier Gramond : La notion d’œuvre originale en matière de sculpture :
http://www.gramond-associes.com/news/la-notion-d-oeuvre-originale-en-matiere-de-sculpture-droit-propriete-intellectuelle-55

Walter F. Maibaum : DEGAS: Sculptures Uncovered – History Revealed : http://www.herakleidon-art.gr/assets/documents/Degas%20the%20Sculpteur-Francais.pdf

Richard Kendall : Degas and The Little Dancer.

Extrait du catalogue raisonné Czestochowski/Pingeot : http://www.internationalarts.org/degas_exhibition/Degas_Cat_Selection_062502.pdf

Crédits photographiques

1) NGA Washington, courtesy of National Gallery of Art

2) Sofia Wikimedia commons :
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dega_Bronze_Sculptures_01102010_NatArtGallery_Sofia_01.jpg?uselang=fr licence : CC-BY-SA-3.0 usr : Aladjov


3 et 4) Metropolitan et Ny Carlsberg : VisiMuZ

5) Rotterdam http://commons.wikimedia.org/wiki/File:WLANL_-_Ritanila_-_IMG_2558_Danseresje,_Degas.jpg?uselang=fr Licence : CC-PD-Mark Usr : BotMultichillT

6) Sotheby’s vente 03 février 2009

Tableaux volés, tableaux retrouvés en 2013

Comme l’an dernier, VisiMuZ a cherché à en savoir plus sur les tableaux volés et retrouvés de l’année.
Cet article est donc la suite du précédent (l’année 2012 est ici)
Pour chacun, le lien vous permettra de connaître les détails, souvent étonnants, de l’aventure.

Commençons par les tableaux volés.

I – Les vols en 2013

16 juillet 2013 – musée van Buuren

14012014_Blog_1_TheThinker_KesVanDongen_BrusselsLa Penseuse – The Thinker – Kees van Dongen, 1907.

Le Van Buuren Museum dans la banlieue de Bruxelles est un musée privé, issu de la collection familiale du banquier David van Buuren (1886-1955) et de sa femme Alice (1890-1973). La maison a été transformée en musée en 1975, et, après de lourds travaux de restauration, ré-ouverte au public en juin 2013. Vers 4 heures du matin, les voleurs ont fracturé une porte à l’arrière de la maison. Ils ont emporté dix peintures dont La Penseuse de Kees van Dongen, 1907 et une toile de James Ensor.
Les détails ici : http://www.theartnewspaper.com/articles/Ten-paintings-stolen-from-Brussels-museum/30123
Et l’histoire du musée là : http://www.museumvanbuuren.be/home.php

11 octobre 2013 – Norman Rockwell
Sport, une œuvre de Norman Rockwell (1894-1978), estimée 1 million de dollars, a disparu d’un entrepôt de stockage du Queens. Volée ? En tout cas, une plainte a été déposée et la police est chargée de l’enquête.
http://www.businessweek.com/articles/2013-10-11/the-case-of-the-missing-1-million-norman-rockwell-painting

10 décembre 2013 – Damien Hirst
Deux tableaux de Damien Hirst de 2008, aux titres de Pyronin Y et Oleoylsarcosine ont été dérobés dans une galerie de Notting Hill à Londres.
Les détails ici : http://www.ouest-france.fr/vol-de-tableaux-deux-oeuvres-de-damien-hirst-derobees-londres-1780577 ou là : http://www.bbc.co.uk/news/uk-england-london-25330237

II – Les tableaux perdus qu’on ne reverra sans doute pas

Nous avions parlé il y a un an des tableaux volés en 2012 au Kunsthal de Rotterdam.

14012014_presseca_emplacement-vide-liseuse-blanc-jaune

Sept tableaux avaient été dérobés en 90 secondes :
La Liseuse en Blanc et Jaune de Henri Matisse (à l’emplacement ci-dessus, photo Reuters, lien ci-après).
Femme devant une fenêtre ouverte, dite la fiancée de Paul Gauguin.
Femme aux yeux clos de Lucian Freud.
Waterloo Bridge, London, de Claude Monet.
Charing Cross Bridge, Londres de Claude Monet.
Autoportrait, de Meyer de Haan
Tête d’Arlequin, 1971 de Pablo Picasso.
Les malfrats ont depuis été identifiés, arrêtés, condamnés à six ans de prison, mais les toiles n’ont pas été retrouvées. Au moins trois de ces tableaux et sans doute quatre ont été brûlés en Roumanie (des pigments du XIXe siècle ont été retrouvés dans les cendres ainsi que des clous de toiles de la même époque) par la mère de l’un des voleurs. Quels tableaux ont été brûlés ?

Les détails ici :

26-11-2013 : hhttp://www.lemonde.fr/culture/article/2013/11/26/l-auteur-du-vol-de-tableaux-aux-pays-bas-condamne-a-plus-de-six-ans-de-prison_3520577_3246.html
22-10-2013 : http://fr.euronews.com/2013/10/22/pays-bas-quelle-securite-au-musee-des-tableaux-voles/
08-08-2013 : http://www.20minutes.fr/culture/1208319-20130808-cendres-tableaux-voles-picasso-matisse-gauguin-retrouvees-roumanie
16-08-2012 : http://www.lapresse.ca/arts/arts-visuels/201210/16/01-4583853-un-picasso-un-matisse-et-deux-monet-voles-a-rotterdam.php

et les photos ici : http://www.rts.ch/info/galeries-photos/4355053-les-sept-tableaux-voles-au-kunsthal-de-rotterdam.html?playlist=4355053

III – Les tableaux retrouvés

Mais cette année est surtout faste en tableaux retrouvés.

Janvier 2013
Le Jardin, 1920 par Henri Matisse avait été volé au musée d’Art moderne de Stockholm en 1987. L’an dernier, Charles Robert, propriétaire de la galerie Charles Fine Art en Essex, s’est vu proposer ce tableau par un collectionneur polonais. Une recherche sur la base de données privée ALR (Art Loss Register) a permis d’identifier le tableau qui est retourné à Stockholm.
Plus de détails ici :
http://www.huffingtonpost.co.uk/2013/01/08/matisse-painting-found-essex-le-jardin_n_2429783.html>
ou là : http://www.trtfrancais.com/fr/informations/detail/art-culture/15/-le-jardin-de-matisse-retrouv-25-ans-aprs-so/6397

20 mars
Tom Selldorf, 84 ans récupère des mains de la ministre de la culture les six tableaux que son grand-père Richard Neumann, avait “vendu” à des marchands allemands pour pouvoir fuir à Cuba, et qui étaient conservés au Louvre en attente de retrouver leur propriétaire. Parmi eux, une toile de Sebastiano Ricci et une autre de Pietro Longhi.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/03/20/tom-selldorff-et-les-six-tableaux-voles-par-les-nazis_1850755_3246.html

17 juin

14012014_Blog_3_Kokoschka_ColognePortrait de l’actrice Tilla Durieu, 1910 – Oscar Kokoschka

Ce tableau d’Oscar Kokoschka, volé par les Nazis, était accroché au Ludwig Museum de Cologne. Le 17 juin 2013, les autorités municipales ont annoncé que la peinture serait rendue aux héritiers de la famille d’Alfred Flechtheim, un galeriste juif, précédent propriétaire de la toile. Cette décision est intervenue après quatre ans de procédure judiciaire.
Les détails ici : http://www.dw.de/nazi-looted-art-cases-remain-unsolved-mysteries/a-16863346

2 novembre
Dérobé en novembre 2012 dans une galerie parisienne (VisiMuZ en avait parlé), un petit tableau d’Eugène Delacroix (19 cm de large pour 15 cm de haut) a été retrouvé à Belgrade.
Les détails ici : http://www.metronews.fr/paris/vole-a-paris-un-tableau-de-delacroix-est-retrouve-a-belgrade/mmkb!mWAKLjguHTGw/

3 novembre – La collection Gurllit
Le 3 novembre, le monde entier a appris avec une immense stupeur la découverte dans un appartement sale de Münich de 1406 tableaux et dessins, dont 121 sont encadrées, incluant des dizaines de grands noms de l’art moderne, tels que Picasso, Chagall, Renoir, Toulouse-Lautrec, Courbet, Matisse, Macke, Dix, Lieberrmann. Cornelius Gurlitt avait récupéré la collection de son père Hildebrandt. Celui-ci, un marchand important allemand, avait acheté à vil prix les œuvres confisquées par les nazis, soit dites d’ « art dégénéré », soit appartenant à des personnes persécutées par les nazis. Parmi eux, Paul Rosenberg (le grand-père d’Anne Sinclair) dont un Matisse (illustration ci-dessous en bas à gauche) vient d’être ainsi retrouvé. Hildebrandt Gurlitt avait déclaré en 1945 que son fonds d’œuvres avait été détruit dans le bombardement de Dresde. C’est presque par hasard que la réalité est apparue. Cornelius Gurlitt revenait de Suisse avec 9000 euros en liquide dont il n’a pu justifier la trace lors d’un contrôle dans le train fin 2010. De fil en aiguille, les policiers ont visité son appartement, transformé en caverne d’Ali-Baba. Une demeure sale, louée 800 euros/mois, dans laquelle les tableaux étaient empilés les uns sur les autres. L’hebdomadaire allemand Focus a révélé toute l’histoire.

14012014_Blog_4_Gurlitt_Quelques-unes des œuvres retrouvées (photo AFP)

Quelques liens sur cette affaire extraordinaire :
http://www.liberation.fr/culture/2013/12/20/cornelius-gurlitt-et-son-tresor-de-guerre_968108
http://www.huffingtonpost.fr/jeanjacques-neuer/tableaux-juifs-spolies-restitution_b_4235062.html
http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4320861-les-couleurs-d-un-passe-douloureux
http://www.marianne.net/allemagne/Reapparition-de-1500-oeuvres-d-art-volees-par-les-nazis_a50.html
http://www.dailymail.co.uk/news/article-2486251/Discovered-Billion-pound-art-collection-seized-Nazis-ordered-destroyed-discovered-rotting-food-dishevelled-Munich-apartment.html

Les détails ont ensuite filtré petit à petit. On sait par exemple que deux tableaux du Reichstag proviennent de la collection Gurllit ((http://koide9enisrael.blogspot.fr/2014/01/deux-tableaux-voles-par-les-nazis.html), que le beau-frère de celui-ci a prévenu la police qu’il avait en dépôt d’autres tableaux chez lui (http://www.scotsman.com/news/world/second-haul-of-stolen-nazi-art-found-in-munich-1-3182986), etc.
Parmi les tableaux retrouvés :
Femme assise par Henri Matisse (1859-1954),
Le Cheval bleu, Franz Marc (1880-1916),
Autoportrait, Otto Dix (1891-1969),
Deux Cavaliers sur la plage, par Max Liebermann (1847-1935),
un autre tableau sans titre du peintre allemand Otto Dix, un dessin du peintre vénitien Canaletto (1697-1768), un tableau – inconnu jusqu’ici, ca 1925 – de Marc Chagall (1887–1985), etc.

8 janvier 2014 – les tableaux de Varsovie
Ce n’est que la semaine dernière que le ministre des Affaires étrangères de Pologne, Radoslaw Sikorski, a présenté à la presse le retour à Varsovie de nombreuses œuvres volées pendant la seconde guerre mondiale. Dans ce cas, c’est un historien d’art autrichien, Bertrand Perz, qui a prévenu le musée. Les tableaux avaient été durant la guerre, dans un premier temps transportés au château autrichien de Fischhorn, puis cachés ensuite dans une maison du voisinage Le propriétaire actuel de cette maison, qui souhaite, et on le comprend, rester anonyme, a ensuite pris contact avec l’historien et rendu les tableaux à l’État polonais.
Les détails ici : http://www.economist.com/blogs/easternapproaches/2014/01/poland

10 janvier – La fin de l’odyssée du Renoir de Baltimore

14012014_Blog_5_Pierre-Auguste_Renoir's_'Paysage_Bords_de_Seine',_The_Potomack_Company_auction_gallery_in_Alexandria,_VABords de Seine, ca 1879, dimensions : 14 x 23 cm

Un juge a mis fin au conflit qui opposait Martha Fuqua qui clamait avoir acheté le tableau pour 7 dollars dans un marché aux puces, et le Baltimore Museum of Art, à qui il avait été volé en 1951.
Le tableau est retourné au musée début janvier 2014.
Les détails ici : http://www.washingtonpost.com/local/legal-battle-over-a-renoir-tears-siblings-apart/2013/11/28/3e4e96a4-554e-11e3-ba82-16ed03681809_gallery.html#photo=1
ou http://www.lexpress.fr/culture/art/le-renoir-achete-7-dollars-restitue-au-musee-de-baltimore_1313377.html#T9YXdCIkSGbF0tye.99

IV – Les tableaux qui seront peut-être retrouvés

Parmi les tableaux les plus recherchés du monde, pour les vols commis en dehors des périodes de guerre, figure un Vermeer, le Concert, ca 1663-66, volé au musée Isabella Stewart Gardner à Boston en 1990, et resté depuis introuvable.

14012014_Blog_6_Vermeer_The_ConcertLe Concert, ca 1663-66, Jan Vermeer.

La nouveauté de 2013 a été apportée par le FBI, le 18 mars. Son porte-parole Richard DesLauriers a indiqué que les autorités connaissaient maintenant l’identité des voleurs, que les œuvres avaient transité par le Connecticut et Philadelphie. Ils ne savent pas où sont actuellement les œuvres et offrent 5 millions de dollars de récompense pour des renseignements aidant à les localiser, mais tout cela sent l’halali. Il s’écoulera peut-être un an, peut-être cinq, mais la fin de la cavale des tableaux se rapproche.
Donc:
If you have any information about the paintings, contact the FBI at 1-800-CALL-FBI (1-800-225-5324) or at https://tips.fbi.gov.
Les détails ici : http://www.fbi.gov/news/stories/2013/march/reward-offered-for-return-of-stolen-gardner-museum-artwork/reward-offered-for-return-of-stolen-gardner-museum-artwork
ou
http://www.forbes.com/sites/calebmelby/2013/03/18/fbi-we-know-who-stole-the-isabella-gardner-paintings/

Conclusion : avec les moyens technologiques modernes, cela devient de plus en plus difficile de vivre quand on est voleur de tableaux. Mais ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.

Très belle année 2014

En passant

Très belle année 2014

Après une première année pleine d’émotions et de satisfactions

Voeux2014

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